Le batteur du Sud-Ouest a attendu la quarantaine, après une carrière enviable de sideman (qui lui vaut d’avoir côtoyé beaucoup d’artistes de haut vol : Manuel Rocheman, David Linx, Paolo Fresu, Mark Turner, Rick Margitza, Médéric Collignon, Magic Malik…. parmi beaucoup d’autres), pour enregistrer en leader la musique qu’il avait en tête.

Le résultat est un disque de compositions originales (avec parfois des citations nostalgiques), très mélodiques, où les valses mélancoliques dominent, avec un goût prononcé pour les vibrations telluriques, comme on le trouve chez Henri Texier, et aussi dans les valses-jazz qui nous bercent depuis des lustres. S’ajoutent des envolées très enflammées, dignes des cavalcades balkaniques en rythmes impairs, et tout au fil des plages cette savante combinaison sonore qui repose sur l’alliage de l’accordéon et du bugle : beaucoup découvriront ici Laurent Derache, et trouveront confirmation de la finesse de Sylvain Gontard, dans le timbre comme dans le phrasé.. Très belle idée que cette association qui peut engendrer aussi bien des langueurs de spleen que ces tensions acides par quoi la musique sort de ses gonds. La contrebasse se fait volontiers lyrique (c’est dans l’ADN de Christophe Wallemme) et la batterie de Matthieu Chazarenc pousse, pulse et berce, stimule et caresse, au fil des climats et des métamorphoses. Une parfaite réussite dans la quête d’un jazz qui chante : ça tombe bien, le titre annonce clairement la couleur, comme un manifeste.

Matthieu Chazarenc a déjà débuté sa tournée de neuf dates , il sera en concert à Bordeaux le 31 Mars 2018 !

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